Réponse de GBH au rapport de la Commission d'enquête du Sénat sur les marges des industriels et de la grande distribution
"La lutte contre la vie chère en Outre-mer est un sujet essentiel, qui mérite un débat fondé sur des faits, des chiffres vérifiés et un diagnostic juste." Stéphane Hayot, DG de GBH
"Chaque jour, toutes nos équipes sont à pied d'œuvre pour proposer les prix les plus bas, les magasins les plus agréables, en accompagnant partout le développement de la production locale.
C'est dans ce cadre que la Commission d'enquête du Sénat sur les marges des industriels et de la grande distribution a souhaité nous entendre, au titre de la grande distribution Outre-mer. C'est une responsabilité que nous avons assumée pleinement, tant la lutte contre la vie chère doit mobiliser tous les acteurs économiques et politiques.
Notre participation à cette réflexion collective a été marquée par l'engagement et par la transparence : audition sous serment le 16 avril 2026, transmission de 31 pages de données chiffrées détaillées, y compris des éléments couverts par le secret des affaires.
Toutefois, à la suite du rapport adopté le 21 mai 2026, notre groupe souhaite revenir sur plusieurs affirmations inexactes ou incomplètes de ce rapport, qui nuisent à la justesse de l'analyse qui y est développée :
→ Le Conseil d'État (2023) a explicitement écarté l'existence d'oligopoles dans la grande distribution à La Réunion. En outre, l’Autorité de la concurrence, comme l’IEDOM, ont procédé en 2026 à une analyse très détaillée de la formation des prix et des marges en Martinique par rapport à l’Hexagone, et ne mentionnent à aucun moment un risque de concurrence insuffisante, pas plus que ne figure le mot « oligopole » dans ces deux études. En Martinique par exemple, sept distributeurs indépendants sont présents sur le marché, c'est-à-dire autant que dans l'Hexagone sur un territoire 160 fois moins peuplé.
→ Sur nos relations avec les fournisseurs locaux : lors de la reprise des actifs Vindemia à La Réunion, l'Autorité de la concurrence a salué « le caractère inédit, dans la pratique décisionnelle de l'Autorité, des engagements de protection des fournisseurs » pris par notre groupe. Leur respect a été contrôlé pendant 5 ans par un mandataire indépendant.
→ L'écart de prix entre l'Hexagone et les Outre-mer le plus élevé est constaté en Polynésie française, seule collectivité d'Outre-mer où GBH est absent.
→ La marge nette de notre activité de distribution alimentaire dans les DROM est de l'ordre de 2 %, chiffre confirmé par l'Autorité de la concurrence (avis de février 2026) et par l'IEDOM (étude de février 2026), qui ont également confirmé que ce niveau de marge est comparable à celle de la grande distribution dans l'Hexagone. Le taux consolidé de 4 % parfois cité dans le rapport intègre l'ensemble des activités du groupe (automobile, agroalimentaire, restauration) et non la seule distribution alimentaire.
→ Chercher les causes de la vie chère dans les marges des opérateurs de la grande distribution est une impasse. Une étude de l'IEDOM de 2026 en atteste : « le niveau des marges des différents acteurs martiniquais du commerce de détail et du commerce de gros ne joue qu'un rôle limité dans l'écart observé entre la Martinique et l'Hexagone sur les prix à la consommation alimentaires. »
→ Le rapport de la Commission d'enquête du Sénat reconnaît d'ailleurs lui-même qu'« en dépit d'une intense activité législative, la situation ne connaît pas d'amélioration sensible » depuis 2009. Le diagnostic mérite donc d'être sérieusement reconsidéré.
→ Les véritables causes de la vie chère sont structurelles : frais d'approche que les supermarchés de l'Hexagone n'ont pas à supporter – et qui représentent 33 % du coût d'achat selon l'Autorité de la concurrence –, insularité, étroitesse des marchés et fiscalité locale.
Le Protocole de lutte contre la vie chère signé en Martinique le 16 octobre 2024 le démontre : quand on agit sur les leviers structurels, les prix baissent. Mise à zéro de l'octroi de mer par la Collectivité Territoriale de Martinique, suppression de la TVA par l'État sur 69 familles de produits (6 000 références) et effort de marge significatif de la grande distribution = -12 % déjà constatés.
Avec la compensation des frais d'approche par la puissance publique et la mise en place d'un tarif export par les fournisseurs hexagonaux – mesures qui figurent dans le Protocole martiniquais de 2024, et dont la mise en œuvre revient au Parlement et à l'État – la baisse pourrait atteindre 20 % dans nos magasins.
Nous sommes prêts à mettre en œuvre ces baisses, dès que les pouvoirs publics auront appliqué pleinement les mesures du protocole martiniquais.
Tous les chiffres cités dans ce post proviennent de sources incontestables et indépendantes de notre entreprise (Autorité de la concurrence, Conseil d'État, IEDOM, INSEE). Chacun peut aller les vérifier, y compris en consultant les comptes consolidés de GBH, holding et filiales inclus, qui sont publiés depuis 2024, au-delà de nos obligations légales.
Des solutions existent pour lutter contre la vie chère. Elles impliquent toutefois de poser un diagnostic juste sur ses causes réelles. C'est l'objet du courrier que nous avons fait parvenir à la Commission d'enquête du Sénat." Stéphane Hayot, DG de GBH.
Lire le courrier de GBH adressé à la Commission d'enquête du Sénat : cliquez ici